Patrimoine
Le village d'Aas
De l'autre côté de la vallée du valentin, sur le promontoire de la Montagne Verte, se trouve le village d'Aas, connu comme “le village des siffleurs”. Ses habitants communiquaient sur de longues distances grâce à un langage sifflé. Ce village, qui est à l'origine de la commune, a vécu depuis ses origines du pastoralisme.
A 2 km des Eaux-Bonnes, au pied de la Montagne Verte, le village d'Aas vous attend pour sa découverte du patrimoine.
L'architecture typique de ce village d'anciens bergers mérite que l'on s'arrête sur les nombreux détails techniques comme la construction des murs et fondations, la richesse des ornements autour des portes, les abreuvoirs, les toits, les matériaux… Et bien d'autres spécificités !
Inévitable, vous vous arrêterez devant la plaque en bronze apposée sur l'église faisant référence aux célèbres siffleurs d'Aas. Cette tradition, à l'époque unique en Europe, est née sur le cirque de Gourette où les bergers pour pouvoir communiquer entre eux, ont utilisé ce mode de communication pour le moins atypique !
Le Jardin Darralde
Témoignant de la vogue des aménagements urbains et paysagers du 19e siècle, tant pour des questions esthétiques qu'hygiénistes, la création du Jardin public coïncide avec l'essor de l'activité thermale d'Eaux-Bonnes sous la Restauration et la Monarchie de Juillet. Un jardin anglais est en effet mentionné dès les années 1830 dans les premiers guides touristiques évoquant la station. De par sa fonction sociale et culturelle fondamentale pour la localité, le jardin apparaît dans les plans touristiques en tant que lieu de divertissement et de délassement et il fait l'objet de longues descriptions romantiques dans les guides de voyage. Intégrant le réseau de promenades emblématiques d'Eaux-Bonnes, il contribue fondamentalement à l'image pittoresque de la station. Il figure ainsi sur le plan géométrique de 1841, à l'emplacement d'une étendue naturelle traversée par le torrent de la Sourde. Ce dernier fait l'objet d'un aménagement couvert dans les années 1850 afin d'accroître la surface exploitable du site.
Ce premier jardin d'agrément est réaménagé dans ces conditions en 1855, moment où il est baptisé en l'honneur du docteur Darralde (Inspecteur des Eaux, qui par ses travaux de recherche, a confirmé la notoriété des eaux thermales d’Eaux-Bonnes), afin de répondre aux besoins d'une station de villégiature. Il devient rapidement le centre des animations et un point de convergence sociale, avec son kiosque, édifié en 1862, qui accueille tous les soirs des orchestres, mais aussi des spectacles de marionnettes, des pièces de théâtre et autres animations culturelles où affluent les villégiateurs.
Les plus anciennes plantations d'arbres datent de cette époque. Certaines espèces comme le Thuya plicata venaient d'être introduites en France. Cèdre, séquoia géant, cyprès de Lawson, érable, tilleul, magnolia, marronnier, platane, épicéa, cerisier à fleurs du Japon et à grappes, saule pleureur, prunus... 64 essences sont recensées dans le jardin.
https://cdt64.media.tourinsoft.eu/upload/PLAN-PARCOURS-ARBORE-EAUX-BONNES.pdf
https://cdt64.media.tourinsoft.eu/upload/PLAN-PARCOURS-ARBORE-EAUX-BONNES-EXTERIEUR.pdf
Élément identitaire et central de la commune tout au long de son évolution, le Jardin Darralde est remanié en fonction des besoins des époques et des nouveaux modes de vie.
Cinq tables de pique-nique sont disposées dans tout le jardin Darralde à proximité de l'aire de jeux pour enfants. Des toilettes publiques sont présentes sous le kiosque au milieu du jardin.
Le jardin est ouvert toute l’année et libre d’accès.
Le Casino
Dès sa construction, l'établissement thermal d'Eaux-Bonnes est agrémenté d'un vaux-hall, espace dédié aux distractions, implanté sur l'ancienne place des Thermes puis démoli dans les années 1840. A la suite de la loi de 1831 sur les jeux de hasard, la tolérance dont bénéficie les villes de villégiature contribue à la création d'établissements ludiques. Ce type d'équipement de loisirs, qui, outre les espaces de jeux, accueille généralement un théâtre ou des salles de concert voire de bal, est en effet indispensable dans les stations thermales, qui sont non seulement destinées au soin et à la convalescence mais aussi, de façon primordiale, au délassement et aux mondanités. Le casino en tant que lieu de sociabilités et de loisirs constitue un symbole et un centre majeur de la vie thermale, dont l'enjeu est d'autant plus important à Eaux-Bonnes que la commune subit un considérable handicap en étant dépourvue de voie de chemin de fer. L'urgence de doter Eaux-Bonnes d'un véritable casino est signalée par l'architecte départemental Gustave Lévy qui en propose même un avant-projet dès 1851.
L'initiative tardant à se concrétiser, les animations sont assurées durant plusieurs années à l'Hôtel des Princes et au Jardin Darralde. En outre, un cercle de jeux est formé et installé à titre provisoire au sein de la Maison du Gouvernement, suite à une demande émise en 1874 par les habitants de la station auprès du Préfet. Ce dernier, conscient des répercussions positives sur l'affluence étrangère, accède sans hésiter à la requête des administrés. Une fois l'établissement et les aménagements environnants achevés, le site devient un centre névralgique particulièrement dynamique de divertissement et de mondanités.
Si la commune reçoit un second projet architectural de l'architecte Lelegard, de Reims, en 1869, ce n'est pourtant qu'en 1875 que la procédure de concours est officiellement engagée.
En 1875, la société Winceslas Chancerelle et Cie installée à Quimper obtient l'affermage des établissements thermaux et il lui incombe la construction et l'exploitation du futur Casino. Le jury de concours se réunit le 1er juin 1876 et le projet “Henriette” de l'architecte parisien Henri Geisse retenu à l'unanimité parmi 9 candidatures. Les travaux débutent au printemps 1877.
Après un procès et suspension du chantier en 1879 (conflit entre la société Chancerelle, l'architecte et la commune), l'enseigne “Casino” est apposée sur le bâtiment en cours de construction en 1882.
Les travaux intérieurs sont effectués entre 1883 et 1885 et le théâtre du casino offre un premier cycle de représentations en 1884.
Le Casino est inauguré en juillet 1885, l'esplanade le 9 juillet 1893 et le terrain de jeu de paume en 1895.
Des remaniements ont lieu au 20ème siècle et entraînent la disparition de la quasi-totalité des décors d'origine.
L'Hôtel des Princes
L'Hôtel des Princes, ancien hôtel de Voyageurs emblématique du bourg thermal d'Eaux-Bonnes, a été édifié à l'initiative de Jean MURRET-LABARTHE entre 1854 et 1872.
L'impératrice Eugénie de Montijo y aurait séjourné vers 1860 durant le Second Empire lors de l'essor du thermalisme dans la ville.
L'hôtel est resté en activité jusqu'à sa fermeture en 1975. De propriété privée, il fait actuellement l'objet d'un projet visant à lui redonner son état d'origine en le transformant en appart'hôtel de prestige.
L'édifice est protégé en totalité par inscription aux monuments historiques par arrêté du 28 novembre 2002.
L'Eglise Saint Jean-Baptiste Notre Dame
L'Eglise Saint Jean-Baptiste Notre-Dame des Infirmes construite à partir de 1864 à la place d'une petite chapelle jusqu'en 1875 par les architectes Lévy Gustave et Gabarret Pierre, entrepreneur Charles Courrèges et les sculpteurs François Weiller et Paulin Battault. Celle-ci a pu se faire grâce au don de l'Impératrice Eugénie et à la longue liste de donateurs généreux.
Cependant, après la chute de l’Empire (1870), les travaux ralentirent, et il fallut attendre le 22 mai 1884 pour assister à la consécration de l’édifice par Monseigneur Ducellier.
Le style s’apparente au néogothique, avec, notamment, les arcs-boutants qui s’appuient sur la nef en voûte d’ogives et à trois vaisseaux. En façade, puissant clocher-porche, encadré par deux tourelles percées de fenêtres-meurtrières. L’appareil est la pierre des Pyrénées, et les toitures sont d’ardoise.
A l’intérieur, la nef se divise en cinq travées sur une voûte à arcades en tiers-point.
Dans le chœur, derrière le maître-autel, des mosaïques figurent des scènes bibliques ; à l’abside, vitraux à personnages, figurant : au centre, une Crucifixion, à gauche, la Décollation de saint Jean-Baptiste, et, à droite, l’Archange saint Michel terrassant le démon. Ces vitraux sont l’œuvre du maître-verrier bordelais Gustave-pierre Dagrand qui les livra en 1881 (datation et signature sur les verrières). Réalisées en 1879, les verrières latérales de l’édifice sont signées (et datées) du maître-verrier Paul Chalons, de Toulouse.
La Chapelle d'Assouste
La chapelle d’Assouste fondée au XIIème siècle, de style roman, elle est classée aux monuments historiques par arrêté du 10 août 1923.
Située sur le tracé des chemins de Saint Jacques de Compostelle, elle fut dédiée à Notre Dame des artistes itinérants du pèlerinage de Compostelle ont vraisemblablement sculpté les modillons de l'abside, les chapiteaux du portail et le délicat tympan où deux anges soutiennent un Chrisme.
Les Mines d'Anglas
La légende raconte qu'un jour, une brebis s'était égarée sur un promontoire rocheux. Le berger s'est saisi d'un caillou dans l'intention de le lui jeter pour la faire revenir, et il s'est aperçu qu'il s'agissait de calcite avec de l'argent natif. Les filons d'Arre et d'Anglas étaient découverts.
En 1974, le célèbre minérologue Palassou parle déjà dans son essai sur la minéralogie des Monts Pyrénéens, de la découverte d'une mine de plomb et d'argent dans le secteur d'Arre et d'Anglas. L'extraction des minerais fut pendant plus d'un demi-siècle la principale activité de Gourette à côté de l'élevage.
1851 marque le début de la concession des mines d'Arre et l'exploitation de 187. L'exploitation hivernale a été tentée durant l'hiver 1882-1883 pour des questions de rentabilité. La difficulté principale d'exploitation de ces filons réside dans le fait qu'ils se situent à 2100 m d'altitude (où une trentaine d'ouvriers hivernent d'ailleurs dans une grande maison de 210 m2 avec un étage et grenier à flanc de montagne, en contre-bas des galeries), les conditions atmosphériques et météorologiques.
Le 18 novembre 1882, une avalanche emporte le bâtiment des ouvriers, faisant 16 morts.
En 1886, la société des Mines d'Arre et d'Anglas exploite la blende (zinc) et mispickel argentifère et aurifère du secteur des lacs. En 1890, une centaine de miniers et rouleurs personnes (des Ariégeois et Espagnols pour la plupart) y travaillaient durant 5-6 mois par an (la neige tombe tôt en automne et demeure jusqu'au début de l'été d'où une durée d'exploitation très réduite) par équipes de jour et de nuit pour extraire le minerai qui était acheminé à Gourette par un système de téléportage aérien faisant suite à un petit chemin de fer minier. Dans les ateliers de Gourette, les quarante tonnes journalières de minerai étaient classées, cassées au marteau et triées à la main par des femmes de Laruns et d'Aas. Le personnel logeait dans des dortoirs où hommes et femmes étaient séparés et surveillés. Le minerai était expédié en gare de Laruns par une troupe de charretiers et de là exporté en Espagne et Angleterre via le Port de Bayonne. La rentabilité n'étant guère intéressante, elle fut abandonnée en 1893. En 1904, l'exploitation est reprise par la Société des mines de Laruns puis, suite à des exploitations irrégulières, arrêtée en 1916.
Le secteur d'Anglas (lac) a été exploité en 1887-1892, et 1906-1907, sur 3 niveaux, et jusqu'à l'affleurement.
Il est interdit d'entrer dans les mines pour des questions de sécurité.
Source : René Arripe , « Ossau 1900 » et « Gourette d’hier et d’aujourd’hui »